Journee-Mondiale-du-Rein

COMPTE RENDU JOURNEE MONDIALE DU REIN 2016

Prendre soin de ses reins pour sa santé de demain !

Quelques sessions

Le colloque de cette année, en date du 10 mars 2016, à l’Académie Nationale de Médecine de Paris, a eu pour thème central, prendre soin de ses reins pour sa santé de demain. L’enfant et son avenir sont à l’honneur.

Quelques cessions ont ici été retenues :

Epidémiologie des maladies rénales de l’enfant et syndrome néphrotique par le Pr Jérôme Harambat, CHU Bordeaux et le Dr Olivia Boyer Inserm Hôpital Necker, Paris.

Le devenir des petits poids de naissance par le  Pr Salomon, Inserm Hôpital Necker-Enfants Malades, Paris.

Origines développementales de la santé et des maladies « DOHaD », épigénétique et environnement par le Pr Claudine Junien, Biologie du développement et reproduction, Université Paris Saclay, Jouy en Josas

Il existe de profondes inégalités ethniques, économiques et sexuelles des maladies rénales chez l’enfant.

Dans les pays en développement où la santé publique n’est pas une priorité, où le personnel médical est assez faible ainsi que l’accès au médicament et le dépistage, l’accès aux soins incombe presque exclusivement à la famille, qui s’en trouve ruinée rapidement. Les équipements de dialyse sont très rares et n’offrent que peu de chances de durée de vie longue au patient (mortalité supérieure à 28 %)

Tandis qu’en France 95 % des enfants survivent à la dialyse, cette chance n’est pas donnée aux pays pauvres. Au Pakistan par exemple, moins de 10 % des enfants ont accès aux soins. On dit que tous ces pays souffrent d’épidémies de maladies rénales avec des taux de décès de 80 % à un âge médian de 26 ans.

Il y a pourtant une amélioration constante des connaissances sur l’épidémiologie avec une progression de la prise en charge de la Maladie Rénale chronique chez l’enfant. Cela représente un défi majeur pour les autorités de nos pays occidentaux… Les programmes de greffe en pédiatrie sont de mieux en mieux maitrisés : dans les pays du Nord 80 à 90 % des greffes pédiatriques sont le fruit de dons intra-familiales tandis que ce chiffre ne dépasse pas encore 10 % en Espagne ou 20 % en France.

Le syndrome néphrotique est l’association de la protéïnurie et de l’hypoalbuminurie. Il s’accompagne chez certains de désordre du système immunitaire. Les formes les plus précoces sont les plus sévères. 3 formes cliniques :-congénital et infantile anténatale, – cortico-résistant à l’enfance, – forme adulte. Le défi est de comprendre pourquoi il existe une variabilité et une sévérité très différentes de la maladie. Par exemple dans la transplantation rénale, la réussite du geste est toujours très aléatoire. On a constaté que dans la majorité des cas si le greffon est rejeté le phénomène est immédiat (quelques heures à quelques jours) et implique une récidive immédiate de la maladie.

Les petits poids de naissance et/ou prématurés représentent souvent des sujets plus fragiles au risque plus élevé à la survenue des pathologies. C’est le cas pour le diabête et la survenue de l’insuffisance rénale, ainsi que les pathologies cardiovasculaires. Les déterminants génétiques couplés à l’environnement pendant la grossesse sont réunis pour influer sur la naissance. Ainsi l’insuffisance placentaire, la malnutrition, le tabac/alcool/drogues, le milieu socio économique, qui sont des problèmes majeurs dans certaines parties du monde, sont aussi à l’origine des naissances à petits poids, impliquant des risques de handicap et de retards neurologiques. Ces naissances particulières doivent faire l’objet d’une attention spécifique sur le long terme. On considère qu’un poids de naissance inférieur à 2,5 kg peut constituer un intérêt au suivi. La prise de poids trop rapide est aussi un facteur de risque très accru.

Les maladies chroniques explosent dans le monde, en particulier en chine où la progression pourrait encore augmenter de 17 % la prochaine décennie, selon l’OMS. L’enjeu d’aujourd’hui est de tenter d’inverser la tendance. Pour ce faire l’idée est de privilégier la prévention sur le traitement systématique qui concerne toujours 95 % des prises en charge. On aborde l’ « épigénétique » qui consiste en l’action de l’environnement sur le génome. Dans la maladie chronique une part non négligeable d’héritabilité non génétique est aujourd’hui scientifiquement acceptée. La susceptibilité aux maladies induites par le style et le mode de vie est évidente et peut se corriger. La trajectoire de croissance d’un enfant peut ainsi être en partie régulée en lui offrant en prévention un capital humain supérieur (apport de nutriments meilleurs et d’un mode vie serein). L’expression des gènes varie aussi en fonction des éléments extérieurs socio économiques, socio affectifs et rythmes de vie (temps de sommeil, périodes de croissance), et émotionnels.

Tous ces aspects représentent des défis sociétaux qui ne sont plus seulement de la responsabilité familiale et individuelle.

Florence Contré-Romuald, APKF

14 mars 2016

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